We are space enablers

[ITW] Charlotte Bakouche prépare le futur avec ArianeWorks Il y a 2 jours |  7 minutes

Suite
Lire
Cover

Suite de notre série d’entretiens avec des collaborateurs et collaboratrices aux parcours variés

Franco-italienne, Charlotte travaille dans le domaine de l’aérospatial depuis 13 ans en étant passée par de nombreux pays et de nombreuses entreprises du spatial en Europe. Aujourd’hui, elle exerce le poste de Business Development ArianeWorks chez ArianeGroup.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours au sein d’ArianeGroup ?

En 2016, j’ai été embauchée chez ArianeGroup au programme des lanceurs civils futurs (notamment autour du programme Prometheus et ISRU, mission d’expérimentation à la surface de la Lune). Le fil rouge de ma carrière, c’est l’innovation, donc quand on m’a proposé de rejoindre ArianeWorks, ça m’a semblé être une évidence.

Pouvez-vous présenter ArianeWorks en quelques mots ?

ArianeWorks, c’est la plateforme d’accélération lancée par le CNES et ArianeGroup. Notre équipe est petite, mais ultra dynamique, mixte dans tous les sens du terme (expériences, âges, expertises, genres) et surtout solidaire. De plus, on peut compter sur l’expérience des 10 000 « rocket scientists » de nos maisons mères (ArianeGroup et le CNES) et au soutien direct de leur management.

Quel est le rôle d’ArianeWorks entre les équipes du CNES et d’ArianeGroup ?

C’est d’être des facilitateurs entre toutes les équipes, de travailler main dans la main, d’informer tout le monde. On est garants de la transparence et de l’information. Nous sommes aussi des disrupteurs, mais loyaux et disciplinés : nous avons du respect pour les activités d’ingénierie, ceux qui vont œuvrer sur les projets futurs. Il est crucial de se rappeler de tous ces métiers de la chaine opérationnelle.

Comment s’est passé le lancement de cette plateforme ?

On nous a donné des objectifs (accélérer la démonstration de Themis), mais aussi l’espace de créer avec une certaine liberté. Au départ, nous étions une douzaine, nous avons regardé et dispatché nos compétences et nous avons pris le meilleur de chacun. Et c’est super, on ne se marche pas dessus, nos périmètres d’activités sont très clairs.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette aventure ?

Cet aspect de liberté et de donner le meilleur de mon expérience à un groupe dont l’objectif est d’avoir un impact sur le futur des lanceurs européens, c’était très attractif. Je vous avoue qu’au départ on ne m’avait pas dit en quoi consisterait exactement mon poste. Cela peut en effrayer certains, mais pour moi, c’était un avantage.

En quoi consistent les différentes facettes de votre poste ?

D’une part je gère au quotidien l’organisation du programme ArianeWorks au sein d’ArianeGroup et d’autre part, je recherche activement des financements principalement pour Themis (des partenariats, locaux, nationaux et européens) et enfin en tant que membre d’ArianeWorks, je communique aussi avec les équipes du CNES. J’ai cette triple casquette.

Est-ce que le spatial était pour vous un rêve d’enfant ?

Le spatial n’était pas une vocation ce qui diffère de mes collègues ingénieurs. Évidemment, j’adorais l’espace, l’astronomie, comme tous les enfants, mais la passion est arrivée quand j’ai commencé à travailler dans l’aérospatial, par hasard. Mon employeur avait besoin d’une personne qui connaisse parfaitement l’italien et le français, les deux cultures et les deux droits et je correspondais au profil.

Et comment se traduit cette passion aujourd’hui ?

Ça fait partie de ma vie, j’ai voyagé pour assister à des lancements pour mes vacances. Il m’arrive de mettre mon réveil à 4h du matin pour suivre certains lancements en live pour le plaisir. J’essaie de partager ça avec mon entourage, en offrant des jouets à thème spatial aux enfants dans l’espoir qu’ils deviennent ingénieurs un jour !

Est-ce que vous auriez des conseils pour ceux qui souhaiteraient travailler dans ce secteur ?

Il faut s’accrocher quand on n’a pas le background technique, savoir s’adapter, rester motivé et montrer ce que l’on vaut. Il faut aussi s’intéresser, apprendre, parce qu’on ne peut pas faire du bon travail si on ne sait pas de quoi on parle. Ne jamais avoir peur de poser des questions aux ingénieurs qui aiment partager leur savoir-faire. C’est vraiment un privilège de pouvoir travailler à leur côté.

Est-ce que vous avez un rêve spatial ?

Sûrement pas d’aller dans l’espace. No way ! Mais j’ai deux grands rêves : faire revenir tous les débris spatiaux dans un objectif de nettoyer l’espace. On est des précurseurs dans ce genre de programme en Europe et il faut que ça continue. Un autre rêve, c’est de voir un module européen se poser sur la Lune.